My name is Iñigo Montoya! Prepare to dance!

Iñigo Montoya! Après le serpent - Zeugl

La procrastination virtuelle a parfois du bon. On se retrouve souvent à regarder des vidéos douteuses et à faire des tests à la con, et puis, par pur hasard, on fait de jolies découvertes, comme le groupe Iñigo Montoya! 

« Mais siiii c’est trop génial comme nom de groupe ! Mais siiii, c’est ce personnage de The Princess Bride là, mais siiiii. Dans l’adaptation il était joué par Mandy Patinkin, mais siiii cet acteur qui jouait dans Esprits Criminels. Non mais sérieux, c’est trop bien comme nom de groupe ou quoi ? »

Ainsi commença mon laborieux monologue de présentation du groupe Iñigo Montoya! à une amie qui hésitait sans doute entre me lancer des briques dans la figure ou me planter là sans aucune forme de sommation.

Mais après tout ce nom fût la première chose qui m’attira dans ce groupe : une référence à un personnage culte de l’ouvrage de William Goldman paru en 1973, The Princess Bride, qui fût par la suite adapté au cinéma avec succès par Rob Reiner en 1987. Au casting Cary Elwes, qui campa six ans plus tard le Sacré Robin des Bois de Mel Brooks et fut ensuite lemecquifouilleleschiottescrados dans Saw premier du nom, Robin Wright (*wink wink House of Cards*), mon fameux pote Mandy Patinkin qui tourne aujourd’hui notamment dans Homeland, André le Géant et le génial Wallace Shawn. Un pur méga classique de la fin des années 80, qui sent bon les capes et les épées, l’héroïsme intrépide et l’amoooouur.

Princess Bride (1987) - Rob Reiner

Princess Bride (1987) – Rob Reiner

Porté par la joie…

Donc oui, c’était un très bon, quoique peut-être aussi très superficiel, point de départ pour m’attirer vers la musique de ce groupe parisien composé de quatre membres qui avaient déjà une sacrée expérience avant de fonder ce quatuor au nom évocateur. Tandis que Pierre Plantin (chant) et Quentin Convard (guitare) faisaient partie du groupe Mungo Park, Louis Delorme évoluait en tant que batteur chez Blind Digital Citizen et Adrien Pallot (basse) produisait déjà des groupes tels que Moodoïd, Grand Blanc et La Femme sur le label Entreprise.

Leur premier EP, IñigEP01, sorti le 25 mai dernier (oui, j’arrive après la bataille), a achevé de me convaincre que, ouais, y avait définitivement pas que le nom qui avait de la gueule dans cette histoire. Dans un chouette interview pour Davy Crocket les membres du groupes résumaient ainsi les thèmes de cet opus : « En gros sur cet EP, on parle de sodomie, d’Adam et Eve, de retour à la terre, de cœurs brisés, d’espoir aveugle ou encore de mythologie grecque… ».

Un lourd programme composé de 5 titres electro-pop aux influences multiples, renvoyant chacun à des ambiances tirées d’un vrai monde fantasmagorique. Ce dernier est mis en image pour notre plus grand plaisir par Zeugl, collectif de deux graphistes joyeusement coupable des artworks du groupe et de deux de leurs clips.

Les divers cover arts de l'EP - Zeugl

Les divers cover arts de l’EP – Zeugl

­Pour Après le serpent ils nous ont ainsi offert une interprétation du péché originel, emportée par des visuels rappelant les fameux habillages réalisés par Terry Gilliam pour le Monty Python’s Flying Circus. De l’animation brute et efficace, presque naïve de par sa technique, donnant corps (littéralement) à un morceau rythmique enfiévré aux accents tropicaux.

Le clip de Nuit Blanche nous balade dans les affres de l’obsession et du désir, où la nuit noire s’éclaire seulement à grand coups de néons, l’imagerie de la relation amoureuse laissant doucement la place à des appels visuels plus que suggestifs. On y croise aussi une femme à douze seins, battant définitivement le record établi dans Total Recall.

Pour Joie, c’est cette fois Romain André et Victor Brangoleau qui nous transportaient du côté du Japon et de son folklore, entre honneur du samouraï et relation privilégiée à la nature, avec des visuels contrastant entre l’évanescence de la fumée et la brutalité des hommes sur le champ de bataille. 

Musique fauviste, érotique et fantaisiste, les samples bourdonnants évoquant par moment les tonalités tribales de l’électro d’Animal Collective, tout en mettant en avant la richesse et la capacité créative de la langue française. Des paroles qui souvent nous échappent, mais contribuent largement à faire de cet EP une belle prouesse. Suite aux attentats du 13 Novembre, le groupe a également publié le beau morceau Bateau Fantôme

Tout cela à découvrir et écouter sans retenue sur leur profil Soundcloud. Et même directement ci-dessous, c’est fou ça ! Retrouvez également leur actualité sur Facebook.

Sur ce je vous laisse en compagnie d’Inigo et de sa superbe chevelure !

Inigo Montoya

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