Les boissons contagieuses de l’été – The Avalanches

L’été arrive, il va faire chaud. Et comme chaque année les publicitaires vont nous faire raquer des boissons rafraîchissantes à gogo. Déjà les publicités de whisky font place à la bière et au pastis tandis que les sodas se retroussent les manches. La désaltération est en marche et les industries le savent bien. Dès lors il n’est pas étonnant que leur course au profit entraînera des victimes collatérales … C’est en tout cas le point de départ de plusieurs oeuvres vidéoludiques tel que le nouveau clip de THE AVALANCHES où une petite communauté « so rednek » devient accro à une drôle de boisson hallucinatoire.

Concocté dans le camion de Frankie’s Ice Cream, le « smoothie-radioactif » donne lieu à un psychédélisme gaguesque qui n’est pas sans faire écho à un précédent clip du collectif australien : le bien-nommé Frontiere of Psychanalist, datant de leur premier album, il y a 16 ans. Car oui cela fait déjà 16 ans que leur second album se fait attendre. Une attente qui prendra fin le 8 juillet avec la sortie de Wildflower, pourvu de 21 titres. Autant dire que le clip actuel était donc un signe de vie très attendu !

Reprenant le calypso Bobby Sox Idol de Wilmoth Houdini datant de 1947, la chanson de The Avalanches met en évidence les paradoxes autour de Frank Sinatra. Trempant dans l’alcool et la mafia, le chanteur savait faire oublier ses vices par sa voix d’ange, « parfaite pour chanter du calypso ». Il est bon de noter que par ailleurs Sinatra détestait la drogue. Afin d’en dénoncer les dangers il interprète un héroïnomane dans L’Homme au bras d’or d’Otto Preminger. Sorti en 1955, le long-métrage est réputé pour être le premier film hollywoodien à parler ouvertement de la drogue et de ses retombées.

Mais ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : Frankie Sinatra par The Avalanches est d’avantage un gros délire rapeu qu’une poésie engagée ! Au micro, on retrouve les très bons Danny Brown et MF Doom dont les featuring sont gages de qualité. Côté clip aussi, la collaboration nous fait bien plaisir puisque qu’on retrouve à la réalisation le duo français Fleur & Manu (Fleur Fortuné et Manu Cossu) qui, en quelques années, a su s’imposer à l’international.

Habitués aux mises en scène foisonnantes, les deux frenchy profitent de l’occasion pour bourrer leur clip de références visuelles appréciables (American Beauty, Mad Max ou encore Inglorious Bastards). Un clip qui ne manque pas non plus de me rappeler le Baby’s got a temper de THE PRODIGY puisque là aussi l’action se situe dans une fête foraine bien glauque et met en scène une communauté très accro à un lait particulièrement désaltérant. Décidément ces redneck tombent dans tous les pièges …

Mais certaines boissons causent d’avantage de dégâts qu’une simple addiction et quelques hallucinations : c’est le cas du Viper. Distribuée à foison dans le très gore Street Trash de Jim Muro, la boisson n’est rien de moins qu’un acide cartoonesque, donnant lieu à une séquence d’anthologie du gore où un pauvre ivrogne fond dans ses toilettes. Séquence que dans un souci de censure j’illustrerai par l’extrait d’un autre film.

eh oui, je viens de spoiler Roger Rabbit à l’inculte qui ne l’a pas vu !

Autre boisson imaginaire aux tristes conséquences, la très cool OverCharge XL qui contamine toute la ville de Sunset Overdrive en transformant les habitants en monstruosités agressives. Jeu vidéo concocté par Insomniac et en exclusivité sur Xbox One, le titre n’est pas sans rappeler un bon vieux Jet Set Radio Futur saupoudré de Ratchet & Clank à la sauce Dead Rising. Votre avatar y explosera la vermine avec swagg, enchaînant les tricks et usant d’armes déjantées. Placé sous le signe du fun, le titre (tout comme la console) n’a pas spécialement trouvé son public l’année passée. Désormais à petit prix, c’est peut-être les bonnes vacances pour lui redonner une chance.

Donc cet été, évitez les boissons énergisantes ou de provenance incertaine. Optez plutôt pour une bonne pinte sans surprise. Mais attention à l’abus ! Surtout si vous êtes dans un petit bled australien comme nombre de jeunes Français en vadrouille. Et plus précisément si vous êtes dans l’Outback comme le protagoniste du film éponyme, aussi connu sous le titre Wake in Fright.

Premier film de Ted Kotchev (Rambo) le film avait marqué les esprits – notamment celui du jeune Martin Scorsese, qui confesse ne s’en être jamais remis – en étant en compétition au festival de Cannes de 1971, avant de disparaître de la circulation de manière obscure. Entièrement restauré et ressorti en DVD et Blu-Ray en juillet dernier, le film nous traîne dans la poussière d’une communauté beaucoup trop sympathique pour être honnête. Les bières y sont facilement offertes et on en oublierait de les compter. Une curieuse escale qui se transforme vite en enfer.

Voilà pour la mise en garde ! Sur ce, gardez la tête fraîche, surveillez Monsanto et buvez avec modération (ou en tout cas avec des gens sympas) …

beer_gif

Partager cet article
FacebookTwitterPinterestGoogle+Tumblr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.


*